Marrakech- La destination romantique
Je n’étais allé au Maroc qu’une seule fois. C’était en l’an 2000. J’avais 22 ans et j’étais très amoureux à cette époque là. Le Maroc fut une destination très romantique.
Dix ans plus tard, un peu plus mûr et enrichi depuis par la visite d’autres pays, je me décidais à retourner au Maroc. Je partais seul cette fois-ci mais accompagné de mon grand amour du voyage, de la découverte et d’un grand besoin d’évasion à combler. Le Maroc m’attendait pour une semaine.
Je regagne Marrakech depuis Lyon via une compagnie low-cost. Hors période scolaire et pris à l’avance, l’aller-retour n’excède pas les 100 €. Je réserve également ma première nuit à Marrakech. Dix ans auparavant et dans le cadre d’un séjour organisé par un tour-opérateur, je n’avais connu du Maroc que Marrakech et une superbe virée dans la citée portuaire d’Essaouira, la ville magique toute blanche et bleue. Deux villes qui comme ses touristes étaient accablées par la chaleur torride du mois d’aout 2000.
En mars 2010, Marrakech la rouge et sa Koutoubia ont toujours autant de charme. Voir quelques gouttes de pluie tomber sur la place Jamâa El Fna me fait réaliser que définitivement ma jeunesse et l’été torride de l’an 2000 sont déjà bien loin. Mais Marrakech, sans la chaleur, avec beaucoup moins de touristes, exerce un charme immédiat.
L’énergie de la place Jamâa El Fna, cœur de la ville, est une douce ivresse avec la musique, les odeurs de cumin, de gingembre, les olives… En dix ans pourtant les choses changent et Marrakech a consacré de plus en plus de lieux au tourisme, au développement économique. Une modernisation certes mais dont seuls les touristes peuvent profiter. Les prix des grandes enseignes étant les mêmes que ceux pratiqués sur notre vieux continent.
Voyager seul peut paraitre difficile pour beaucoup mais même les plus réticents apprécieraient une telle expérience, grâce à l’accueil exceptionnel que le peuple marocain réserve presque toujours aux français. Une belle et une longue histoire d’amour en somme. Le marocain est souriant, le marocain communique, il s’intéresse aux touristes et pas toujours pour ses seuls euros. Partir au Maroc c’est pour autant prendre en effet conscience que l’on est considéré par les locaux comme quelqu’un de très riche. Il faut accepter le marchandage, la mendicité, les faux guides et s’ attendre aux arnaques (plus ou moins grandes).
le constat de l’évolution d’une ville de plus en plus tournée vers le tourisme aurait pu me rendre un peu amère, si je n’avais pas sympathisé avec Abdou un membre du personnel de hôtel. J’accepte ainsi son invitation pour partager un repas dans sa maison avec ses proches. C’est une famille aux moyens très modestes mais qui a une générosité, une spontanéité et une hospitalité qu’on ne connait pas en Europe. Me voilà ainsi au cœur même du tourisme le plus pur et le plus naturel. Pour la première fois, je mange avec les mains. Chose que l’on ne fait pas dans les chaines d’hôtel par exemple. J’abandonne l’idée du confort et plonge mes mains autant que mon âme dans la chaleur de la simplicité, la joie du partage. Les sourires de Ayoub et Chaima, les deux enfants plein de malice d’Abdou, permettent de dépasser tous les clivages et de se parler avec le cœur, seul le papa parlait le français. Les mets même les plus simples préparés avec tendresse par Khadija sont tout simplement délicieux. Je passe beaucoup de temps en leur compagnie et peu à revoir les sites découverts dix ans plutôt : les jardins de la Ménara, les palais de la Bahia et El Badia, la Palmeraie. Je retourne quand même aux tanneurs pour acheter une paire de babouches de qualité à mon père. Alors si je revois peu de sites de Marrakech, je suis en immersion dans la culture et le quotidien des marocains.
Le lendemain je prends le train. La gare est toute proche du Guelliz, le nouveau quartier de Marrakech où se trouve mon hôtel. Prendre le train au Maroc est vraiment une expérience à tout niveau. Alors bien sûr le train au Maroc n’a ni le confort ni la vitesse de nos trains en France et autant dire que les horaires sont approximatifs. Mais quand on est en vacances dans un autre pays on s’adapte avec délice. On ne stresse plus et on apprécie les paysages qui défilent sous nos yeux. En mars la verdure est bien présente au Maroc. Les gares de Marrakech et de Fès sont tout simplement magnifiques, majestueuses. Là aussi, des critiques s’élèvent, et surement à raison, pour dénoncer un effort fait une nouvelle fois pour les touristes plus qu’une œuvre pour les locaux les plus modestes, bien trop démunis d’ailleurs pour pouvoir voyager en train.
Pour visionner le diaporama photos de son séjour cliquer ici
Sébastien de Lyon.
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